Toute notre actualité

My safe Sex Tape

 
Ce jeu de la plateforme prévention sida permet, d’une manière drôle et décalée , de se mettre dans la peau d’une personne qui prend un risque (ou pas) par rapport aux IST et de recevoir les informations nécessaires!
 

L'intimité au pluriel

 
Pourquoi parler d’intimité ? Parce que c’est une notion essentielle pour chacun d’entre nous, existentielle même, et qu’il nous paraît important d’interroger notre propre gestion de l’intime.

Et pourquoi parler d’intimité au pluriel ? Parce que selon l’angle de considération, nous allons nous trouver face à des réalités bien différentes.

Ainsi, selon le contexte culturel ou géographique, l’intimité va recouvrir des significations et des représentations très diversifiées. Il suffit de se projeter sur le continent africain ou européen pour susciter en nous des images bien différentes.

Mais arrêtons-nous à l’Europe. Historiquement dans notre vieille Europe, la conception même d’un lieu privé, intime, ne se développe qu’au cours du 19ième siècle, sous l’influence de la bourgeoisie. C’est seulement à partir des années 1850 que l’on va assister à la naissance de cette famille privatisée qui ferme la porte par rapport à l’espace public qu’est la rue. Jusqu’alors, la maison était plus une protection face aux éléments climatiques et aux agressions barbares, qu’un réel espace privé.

Avec ce mouvement de privatisation contemporain du développement de l’individualisme, l’enfant va être considéré comme une personne à part entière. Peu à peu, à l’intérieur de la maison, les différents espaces de vie vont être séparés et la notion d’intimité va ainsi se développer. Mais ce, plus lentement dans la population rurale qu’urbaine. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, le temps où il n’existait pas de cloisons entre l’espace de repos des parents et celui des enfants n’est pas si éloigné.

Parallèlement, les notions de pudeur et d’hygiène seront de plus en plus promues et exigées.

Aujourd’hui, l’intimité est devenue un droit, et du point de vue psychologique, un besoin. Nous en reparlerons.

 

A y regarder de plus près, on peut entendre ce terme d’«intimité » selon plusieurs acceptions : intimité avec un partenaire privilégié, en famille, ou avec soi-même. Dans le sens commun, le mot implique le plus souvent en effet une relation d’élection affective. Ainsi, chacun a besoin pour se sentir heureux dans la vie, de se sentir attaché à quelqu’un, de pouvoir échanger en profondeur et de se sentir en sécurité avec lui.

Par ailleurs, on peut étendre cette notion à la relation aux enfants. Quelle intimité avoir avec son enfant ? Respectons-nous son jardin secret ? De quelle manière lui apportons-nous des soins corporels ? Cela mériterait de s’y attarder plus longuement ; ce que nous ne ferons pas ici.

Enfin, avant même d’établir une relation d’intimité et de proximité avec autrui, n’y a-t-il pas lieu de «penser » et d’instaurer une intimité avec soi-même ? Et c’est d’ailleurs par là que nous commencerons.

 

L’intimité avec soi-même

Celle-ci relève de notre besoin psychologique d’avoir un espace à nous, un jardin secret, un lieu protégé de toute intrusion. Et pourtant, l’intimité avec soi ne va pas de soi… Il en est certain(e)s qui peuvent ignorer qu’ils ont une vie intérieure, un mode de fonctionnement psychique bien à eux. Ils pensent que tout le monde pense comme eux. Il en est d’autres qui peu à peu font la découverte de leur maison intérieure et qui prennent le temps de s’y « retrouver », de s’y ressourcer. Car si la plupart du temps, nous sommes à la recherche d’une intimité avec l’autre, c’est pour nous sentir protégé(e), rassuré(e). Mais c’est oublier que chacun peut trouver en lui, un espace, un lieu où il peut se sécuriser, se sentir intérieurement apaisé(e).

L’intimité avec soi est à l’image de cette chambre dans laquelle l’enfant aime se retirer pour y retrouver ses jouets, ses objets, ses odeurs… son monde imaginaire. Cet endroit «extérieur», si important dans l’enfance, tout adulte devrait pouvoir l’intérioriser et l’emmener partout avec lui.

De même, l’intimité physique avec son propre corps est une chose bien délicate à acquérir. Que de dégâts à ce propos, provoqués par des messages parentaux «interdicteurs »… et que d’adultes aujourd’hui répugnent à se toucher, à se regarder, à se sentir…

Comment dès lors pourrait-on se laisser toucher, regarder par l’autre, et à son tour le toucher, le regarder, lorsqu’on n’a pas pu apprivoiser avec notre propre corps ?

 

L’intimité avec l’autre

A propos de la formation du couple, une question se pose à l’heure actuelle. Est-ce l’intimité physique ou l’intimité psychique qui est première ? Il semblerait, vu de l’extérieur, que l’engagement des corps et l’établissement d’une intimité sexuelle précéderaient, aujourd’hui, la proximité des cœurs et des esprits… Et peut-être est-ce un signe des temps qui évoquerait la peur de s’engager et la crainte de se mettre au travail d’une construction relationnelle. On pourrait avancer que si l’intimité et la proximité sont plutôt faciles à établir au début, (ça semble tout naturel), avec le facteur temps, cela se complexifierait et impliquerait un travail de négociation. Car ce qui est source d’intimité pour l’un ne l’est plus forcément pour l’autre.

Quand c’est bon et intime pour le premier, c’est trop loin ou trop proche pour le second.

L’intimité est donc une notion éminemment subjective, qui varie avec le temps et l’évolution de chacun. D’où l’importance d’une bonne et réelle communication.

Le couple, il est vrai, repose sur ce désir d’intimité et de rapprochement, mais on s’aperçoit rapidement que ces attentes de base ne se réalisent pas si facilement et qu’il va falloir négocier autour de cette intimité et du désir de transparence.

On peut utiliser à ce sujet l’image du curseur que tout partenaire devrait pouvoir positionner en permanence. Quelle est pour lui, à l’intérieur de son couple et ou de sa famille, la bonne distance et la bonne proximité, étant donné que les besoins de chacun mais également ses craintes ne sont pas les mêmes? Une trop grande proximité pouvant en effet être perçue comme une menace d’empiétement ou d’envahissement tout comme une trop grande distance pourrait être ressentie comme un abandon, une insécurité.

 

La peur de l’intimité

C’est que parallèlement à ce besoin d’intimité, il y a aussi de très grandes peurs, sinon un sentiment de menace. Dans ce vase clos de l’intimité, lorsqu’on se retrouve face à l’autre dans une très grande vulnérabilité, il se peut que nous éprouvions une crainte viscérale qui nous fasse fuir. Par exemple, la peur que ce que nous avions confié à l’autre ne soit récupéré, ou réutilisé. Peur également de se sentir inférieur, crainte d’être ridicule…

C’est peut-être et surtout dans l’intimité physique que toutes ces craintes vont apparaître et que vont s’installer toutes sortes d’évitements et de fuites.  

L’inventaire pourrait être long, bien-sûr. Mais c’est donc tout un chemin que d’apprivoiser ces peurs et cela ne pourra se faire que dans un climat de confiance réciproque, lequel devra aussi se maintenir dans la durée.

Il arrive pourtant que l’on s’y trompe à considérer quelques couples qui pourraient faire envie. Ainsi, certains couples disent se sentir très complices et très intimes lorsqu’ils se trouvent en présence d’autres, quand ils reçoivent des amis, quand ils sont en vacances… Ils ont le sentiment d’être deux. Mais lorsqu’ils se retrouvent sans ces tierces personnes, c’est bien plus difficile. Pour eux, le «côte à côte » leur donne une apparente intimité, alors que «le face à face » s’avère bien plus compliqué… sans doute à cause de toutes les menaces ou peurs sous-jacentes. A moins que ce ne soit le tissu même de la relation qui soit totalement effiloché.


La transparence et le jardin secret.

Autre aspect de l’intimité du couple. Faut-il pour le bien du couple instaurer l’impératif de «la transparence à tout prix » ou est-il bon de garder «un jardin secret » ? Là non plus, il n’y a pas de réponse… et là aussi il est important pour chacun de positionner son curseur !

Les uns, parce qu’ils ont grandi dans un contexte où tout se disait, où tout était mis à plat, imposeront plus tard à leur conjoint, à leur enfant, la même règle explicite ou tacite. Par contre, pour d’autres, la réserve, la pudeur, le jardin secret étaient de mise dans la famille et toute invitation ou insistance à s'exprimer est alors ressentie comme une intrusion.

Ceci pour dire que l’intimité est avant tout une affaire très subjective, liée à l’histoire de notre enfance et à notre environnement familial.

 

L’intimité divulguée.

Enfin, un dernier aspect qui ne sera abordé que trop brièvement, c’est celui de l’intimité divulguée.

Que ce soit dans les magazines, les revues ou à la télévision, quantité d’articles (photos à l’appui), et quantité d’émissions divulguent la vie privée, intime, amoureuse des stars/vedettes ou de tous ces candidats qui espèrent le devenir. Et si ce phénomène a tant de succès, c’est bien parce qu’il rejoint des désirs plus ou moins conscients, plus ou moins avoués chez beaucoup d’entre nous !

Il ne s’agit pas de condamner, mais de s’interroger sur ce qui dans l’âme humaine, pousse à regarder, à participer, sinon à s’extasier devant tant de déballage.

Il y aurait lieu d’ailleurs de distinguer ce qui est du ressort des besoins et ce qui est du ressort des pulsions. Tantôt ce seront les pulsions de voyeurisme pour les uns, d’exhibitionnisme pour les autres, instinct de manipulation et de séduction parfois pour les animateurs ou les producteurs. Ce sera également le besoin de s’identifier à tel ou telle, mais surtout le besoin de se rassurer quant à sa «normalité ».

Finalement, ce phénomène qu’on nomme souvent la télé-réalité est surtout un miroir : à nous de discerner ce qu’elle reflète au delà de la surface de l’écran, et de décoder ce qu’elle mobilise en nous : réflexion, vulnérabilité, curiosité saine ou malsaine, invitation au dialogue, attrait pour l’inédit ou l’extraordinaire… La lecture que nous en ferons n’est pas plus innocente que la production.

 

Sophie Mathot - Conseillère conjugale, sexologue - Ancienne de notre équipe

« La vie ne veut pas le bonheur, elle veut la vie. » - Une Conférence de Monsieur Jean-Michel Longneaux

Jean-Michel Longneaux nous a introduit à la question du désir vue par les philosophes.

On peut regrouper les discours de ces penseurs en trois approches :

  1. le désir est lié à l’objet : l’objet du désir, l’objet manquant.
  2. le désir est ce qui nous structure, nous définit, nous constitue comme sujet, indépendamment de tout objet.
  3. le désir est une force qui nous fait vivre.

Voyons cela de plus près :

  1. Le désir de l’objet.

 

Le désir est un mouvement qui nous tourne vers un objet manquant (par ex. le désir d’une belle voiture, d’une personne,…). Mais vu sous cet angle , le désir est une catastrophe ...

En effet, pour Schopenhauer (philosophe du XIXe siècle), si ce désir nous pousse vers ce qui nous manque, alors notre vie est un cauchemar . Car elle oscille entre deux pôles : celui de la souffrance (on désire ce qu’on a pas) et celui de l’ennui (après avoir « obtenu » l’objet désiré, suit un court moment de plaisir puis, très vite, l’ennui d’avoir enfin ce que l’on a désiré et donc de ne plus désirer !). Prenons l’exemple du couple : on rêve de l’être aimé, on souffre de son absence, mais une fois qu’on l’a…

De plus, pour Schopenhauer, la convoitise liée au désir de l’objet manquant mène aux conflits, aux rivalités, à la violence. Le bouddhisme propose une issue à cette souffrance en enseignant d’  « éteindre »  le désir, de lâcher prise…

René Girard, auteur contemporain, reprend Schopenhauer mais il ajoute que le désir est mimétique : si nous désirons un objet, c’est parce que quelqu’un d’autre le désire aussi. Si nous reprenons l’exemple du couple et  le désir de l’autre : Est-ce vraiment elle/lui que je désire ou est-ce parce quelqu’un d’autre la/le désire qu’elle/il devient l’objet de mon désir ?

Le désir renvoie à nouveau à la catastrophe parce qu’on entre alors en compétition avec les autres (si l’objet est désiré par plusieurs) !  Il est donc source de violence… Pour évacuer celle-ci on désignera un bouc émissaire (« Si nous souffrons, c’est à cause de lui ! »). Tous s’unissent contre le « coupable » afin de commettre un « meurtre fondateur » pour restaurer la paix. Le désir de vengeance recrée du lien social.

  1. Le désir : ce qui nous structure.

Pour d’autres penseurs, aucun objet ne peut éteindre le désir. La psychanalyse s’enracine dans cette pensée    qui veut que l’être reste dans le désir même si l’objet manquant a été « trouvé ».

Kant parle d’un désir inéluctable parce que nous sommes des êtres de langage. Le langage crée le désir   parce qu’il a pour vertu de mettre les choses à distance. Le mot n’est jamais la chose en elle-même. Le désir naît de l’impossibilité du langage à dire absolument les choses telles qu’elles sont. Dans l’exemple du couple, l’impression que l’autre ne dit pas tout est un sentiment qui persistera car les mots (paroles rassurantes) ne combleront jamais totalement l’attente de l’autre.

De même, selon Kant, nous ne pouvons jamais nous définir, nous connaître entièrement, car la représentation du sujet passe à nouveau par le filtre du langage. Le sujet est donc un mystère pour lui-même ! Entre ce que le sujet dit ou pense de lui et ce qu’il est en réalité, il y a à nouveau décalage et donc désir.

Jean Nabert, autre philosophe qui poursuit la même démarche dit : « Nous sommes des êtres déchirés » et il le montre à travers trois expériences :

  • l’expérience de l’échec :

par rapport à un objet raté. L’échec est ce qui nous caractérise : « Nous sommes des êtres d’échec ». Nous ne coïncidons pas avec nous-même ; nous ratons souvent l’objet. Et même lorsqu’un objet (un projet) est réussi, cela ne nous comble pas ! On se demande toujours : « Et maintenant, qu’est-ce que je fais ? ». Ce qui suppose en nous l’idée d’un « moi pur qui réussit » inatteignable.

  • l’expérience de la faute :

Nous nous sentons sans cesse coupables (j’ai blessé, volé, …) parce que nous sommes perméables au mal.. L’idée d’être fautif est présente même quand on fait le bien, parce qu’on a toujours le sentiment de ne pas en avoir fait assez. Sentiment inconfortable au regard de l’idée du bien absolu.

Le désir se nourrit là ; de cette déchirure entre ce que je fais et ce que je voudrais faire.

  • l’expérience de la solitude :

Nous nous sentons « privés des autres ». Ce qui nous définit, c’est d’être unique, différent donc seul. L’idéal de l’amour fou, pour échapper à la solitude existentielle,  ne nous quitte pas. De là le désir de recommencer toujours des relations. Nous sommes donc le désir et nous ne pouvons y échapper !

  1. Le désir :  une force qui nous fait vivre.

Pour les penseurs précédents , le désir était vu comme une souffrance, un fardeau, une source de violence. D’où une conception triste de la vie, pour ceux qui « souffrent de la vie ».

Pour Nietzche, le désir est bien ce qui nous habite, nous structure de l’intérieur. Mais dit-il, il faut comprendre le désir non comme un manque mais comme une affirmation joyeuse de soi, une jouissance, une force de vie qui nous pousse toujours plus loin. C’est le désir qui nous relance en permanence et nous garde dans le mouvement de la vie.

« La vie ne veut pas le bonheur, elle veut la vie ».

« La vie veut vivre davantage et veut davantage de vie ».

Vivre c’est toujours recommencer… sinon c’est nier la force du désir en soi. En effet, à l’opposé, certains se fixent à la souffrance . C’est le cas par exemple de la personne qui a perdu  un être aimé et qui tue ses désirs pour rester en lien avec le disparu. « Tant que je souffre je reste avec celui qui m’a quittée !».

Deux auteurs contemporains reprennent la conception de Nietzche :

Pour Michel Onfray, matérialiste épicurien, le désir nous pousse vers la vie. Mais dès lors « les autres ne sont que des moyens pour me permettre de m’affirmer », c’est-à-dire « si je veux être à la hauteur de mon désir, peu importe les autres » ! Le désir se vivrait alors au détriment des autres …

Jean-Luc Marion répond à cet absurde du désir  en disant que jouer le jeu de la vie cela devient désirable pourvu qu’une personne autre nous ait dit que notre vie était aimable et désirable. L’autre est donc ce qui rend aimable mon désir. En d’autres mots, le désir n’est pas seulement mon affaire à moi, il a d’abord été  porté par d’autres qui m’ont aimé.

En conclusion ,  trois approches du désir :

-          le désir par rapport à l’objet manquant … source de souffrance et même de violence

-          le désir comme ce qui nous structure, né du décalage entre la réalité et ses représentations idéales dont le moi fait l’expérience

-          le désir comme force affirmative de la vie en soi

Anne-Cécile Lovens          

Conseillère conjugale

Centre de planning de Wavre

Consultation pour adolescents

L’adolescence est un moment particulier propre à chacun. En effet, si l’on peut parler de l’adolescence comme une étape de transition, un temps de métamorphose ou de crise, les souffrances et les questions des sujets adolescents restent, elles, toujours singulières.

Le temps de l’adolescence est un moment où le sujet est en difficulté pour nouer ce qu’il vit dans son corps au langage du sens commun. En proie à des souffrances opaques, indicibles, les adolescents sont confrontés à la question du mystère que l’on est à soi-même. L’inquiétante étrangeté pointe son nez avec le réel de la puberté qui ouvre dans le corps et la tête un charivari pulsionnel dont nous devons tenir compte lorsque nous rencontrons des adolescents en consultation. Quand la pulsion sexuelle entre en jeu à la puberté, elle étonne, exige, et cela se répercute sur le corps et dans le langage. L’adolescent est parfois plongé dans le dégoût, la honte ou la perplexité face à l’indicible de ce qui le traverse. Face à cet indicible, une série de passages à l’acte, une précipitation dans la sexualité peuvent être des modalités de réponse.

Offrir un lieu d’écoute, une oreille nouvelle, se faire lieu d’adresse des questions, est une première condition à ce qu’un sujet puisse venir traduire par la parole ce qu’il vit en lui. L’enjeu sera de susciter, éveiller le désir de savoir la cause de ce qui anime et fait souffrir le sujet adolescent. L’adolescent devra quant à lui consentir à élaborer son symptôme, se l’approprier pour pouvoir en parler et en faire une histoire, une logique voulant dire quelque chose pour lui et pour lui seul.

Même si les symptômes à l’adolescence suscitent l’inquiétude des adultes, il s’agit de pouvoir entendre ce qui, pour un jeune, fait souffrance, en nous laissant surprendre par la part de trouvailles déjà à l’œuvre dans tout symptôme (au delà de la part d’impasse qui le constitue).

En cela, les «  bizarreries » dans le comportement ou dans les pensées ne seront pas à éradiquer mais à articuler avec son histoire.

Laisser un temps au sujet pour dire au plus juste ce qui l’accable, l’inhibe ou parfois le pousse à l’acte, entrer dans la valse des mots et en passer par formuler ce qui lui arrive, se laisser surprendre part la part de surprise que comporte toute énonciation personnelle peut produire un effet sur les symptômes et sur le rapport qu’un jeune entretient avec les autres et avec lui-même.

Dans ce temps de « délicate transition » comme le dit Victor Hugo, la rencontre avec quelqu’un qui peut dire oui à la nouveauté tout en pouvant dire non à l’étrange satisfaction liée aux symptômes, permet souvent qu’un jeune sujet puisse rejouer de nouvelles cartes et ose se faire sujet de son désir en dehors de toute morale et de tout idéal mais pas sans l’éthique première qui est celle de se faire responsable de ce que l’on dit.

Accompagner et intervenir auprès de jeunes qui se trouvent à la croisée « de l’éveil et de l’exil » comme le dit le psychanalyste Philippe Lacadée permet que ce passage se fasse non pas sans crise mais avec un meilleur repérage de ce qui oriente leur vie. Souvent nous sommes amenés à rencontrer des jeunes en manque d’orientation (et ce pour des raisons très diverses) qui cherchent à s’assurer de la valeur de leur existence, qui ont besoin de trouver le point d’où ils pourraient se voir aimables, englués qu’ils peuvent être dans les impasses d’une jouissance impérative laissant peu de place au manque et donc à la place du sujet.

Enfants, ces jeunes s’appuyaient sur le discours de leurs parents mais la tâche de l’adolescence est de se détacher de ses parents et d’élaborer ses propres formules. Ce temps de l’exil est donc à la fois exil des solutions de son enfance et exil de son corps d’enfant.

Or, nous savons que pour tout être humain, tout être parlant, « parlêtre » comme dit Jacques Lacan, la rencontre avec l’Autre sexe n’est programmée par aucun code instinctif. De fait, rien ne vient dire comment un sujet doit faire pour se débrouiller avec sa libido et aucune recette ne peut être préconisée pour rencontrer l’Autre. Face à ce trou, à l’absence de réponse toute faite, l’adolescent peut se trouver en panne. Les manières de répondre à ce trou dans le savoir diffère pour chacun, il est important de prendre en compte ce que chaque sujet a construit face à cela, que ce soit sous forme de défense, de symptôme ou de passage à l’acte. C’est donc un temps logique où l’adolescent sommé de lâcher ses solutions de l’enfance se retrouve dans une certaine solitude pour traverser cette période houleuse de son existence. Cette recherche s’exprime parfois de façon provocante, turbulente, dérangeant l’ordre public et familial. La plupart du temps, les parents s’interrogent et se sentent impuissants ou inquiets face à ce tohu-bohu. Il est parfois nécessaire que certain jeune puisse trouver un appui individuel en dehors de sa famille, un lieu d’où il pourra être vu et reconnu autrement. Il s’agit ainsi d’amener le jeune à assumer la part qui lui revient malgré lui dans ce dont il se plaint. Au fil des rencontres, il s’agit de réintroduire la dignité du sujet de la parole et dans ce sens on est loin de la pédagogie, de la rééducation valable pour tous.

Texte de Nathalie Crame - Psychologue - Ancienne de notre équipe

Quels risques pour la santé en prenant la pilule?

Carte blanche

 

La pilule : un bilan.

 

Les contraceptifs oraux le plus souvent utilisés combinent deux stéroïdes apparentés à des hormones : un estrogène et un progestatif. Comme tout autre médicament, la ‘pilule’, outre l’effet recherché, exerce des effets secondaires. En ce qui la concerne, ces derniers peuvent être bénéfiques, tels que la diminution de la sévérité d’une acné, l’atténuation ou la suppression des règles douloureuses, la réduction marquée du risque de cancer de l’endomètre ou de l’ovaire. D’autres effets secondaires sont défavorables ; ils se manifestent chez certaines femmes, qui y sont prédisposées. Citons à titre d’exemple la rétention d’eau, les maux de tête durant les jours ‘sans pilule’ et –ceci est d’actualité- la stimulation de la synthèse par le foie de protéines impliquées dans certains mécanismes biologiques. Ainsi, la production accrue d’un précurseur d’une molécule appelée ‘rénine’ peut être au départ d’une hypertension artérielle. L’estrogène contenu dans le contraceptif oral stimule la synthèse de facteurs intervenant dans la coagulation sanguine et diminue celle d’autres facteurs freinant cette dernière.

 

Les premiers progestatifs avaient une structure moléculaire dérivée de la 19-nortestostérone et neutralisaient en partie certains effets de l’estrogène, dont ceux ayant trait à la coagulation sanguine. La synthèse de progestatifs dits ‘de troisième génération’, dénués du profil androgénique des progestatifs plus anciens, ou ‘de quatrième génération’, exerçant une action anti-androgénique, a constitué une étape importante dans le développement des contraceptifs hormonaux combinés. L’utilisation conjointe de ces nouvelles molécules et de l’estrogène donne lieu à une diminution plus marquée de la séborrhée, de l’acné et d’une pilosité excessive qu’avec les pilules développées précédemment. Toutefois, la prise d’une pilule ‘de troisième ou de quatrième génération’ est très probablement associée à un risque de thrombose veineuse de deux à quatre fois plus élevé qu’avec les contraceptifs oraux plus anciens, mais toujours disponibles. Les données de la littérature sont contradictoires : les études épidémiologiques attestent généralement de ce risque accru à l’encontre de celles subventionnées par les firmes pharmaceutiques.  

 

Comme pour toute décision thérapeutique, tant au début d’un traitement que quand on en envisage la poursuite, le médecin doit tenir compte des facteurs de risque que présente son/sa patient(e) et, dans la mesure du possible, éviter que son traitement n’entraîne de complication. Un contraceptif oral combiné ou une méthode apparentée (l’anneau ou le patch) ne seront prescrits qu’après que le praticien se soit assuré que ni la femme ni ses proches parents n’ont eu dans le passé une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire, et ait mesuré sa tension artérielle. En raison d’un risque accru d’infarctus du myocarde, l’utilisation de ces contraceptifs par de grandes fumeuses âgées de 35 ans ou plus est contre-indiquée et, chez ces dernières, il faut les remplacer par une autre méthode. En médecine, l’adage ‘d’abord, ne pas nuire’, vieux de plus de deux millénaires, est toujours de mise. En matière de contraception, avec la diversité des moyens disponibles, et pour autant qu’ils soient utilisés à bon escient, les complications ne devraient plus être que rarissimes.

  

Suite à quatre décès causés par une thrombo-embolie, au cours des trois dernières décennies, les autorités françaises ont retiré du marché un produit contenant de l’éthinylestradiol (l’estrogène contenu dans la plupart des contraceptifs hormonaux combinés) et leprogestatif acétate de cyprotérone. La presse a fait écho à cette décision. La rumeur selon laquelle ‘la pilule est dangereuse’ est propagée dans l’opinion publique, comme elle l’a été dans le passé, et elle risque d’entraîner à nouveau l’arrêt totalement injustifié de leur contraception orale par nombre de femmes, avec pour conséquence une recrudescence du nombre de grossesses non désirées et d’avortements.

 

Alors, remettons les horloges à l’heure :

1) la thrombose veineuse profonde est très rare ;

2) une fois exclus les facteurs de risque évoqués plus haut, l’utilisation d’un contraceptif hormonal combiné n’est pas associée à un taux de complications élevé ;

3) des études épidémiologiques poursuivies au Royaume-Uni pendant 40 ans ont démontré que les femmes ayant utilisé des contraceptifs oraux avaient une espérance de vie plus longue que celles n’y ayant pas eu recours ;

4) il n’y a aucune raison pour une femme utilisant un contraceptif hormonal combiné et s’en trouvant bien d’interrompre ce traitement ;

5) le produit retiré du marché français n’est pas commercialisé en Belgique en tant que contraceptif, mais comme anti-androgène – il convient de ne l’utiliser que sur indication stricte et après avoir exclu toute prédisposition à la thrombo-embolie.

 

 

Jean-Jacques Amy, professeur émérite à la V.U.B.

Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF)

Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial (FCPPF)

Fédération des Centres de Planning et de Consultations (FCPC)

logoplanningfamilial Le Planning Familal en Brabant wallon Planning familial de Wavre Planning familial de Nivelles Plannng familial de Braine l'Alleud

actu-wavre

Lettre ouverte écrite par une série de professionnels, d’horizons divers, à propos le projet de loi sur le secret...
Le préservatif, votre ange gardien au 7ème ciel !   Recevez gratuitement des préservatifs chez vous en complétant le formulaire sur le site de la plateforme!...
Pour la liberté de choix, contre la bureaucratisation en santé mentale   Dans la lutte contre les dégâts de la politique de Maggie De Block, un collectif de professionnels de la parole (psychothérapeutes, psychologues, psychiatres...) a lancé...

photos-wavre02

Centre agréé et subventionné par la Région Wallonne     | Membre de la FCPC |